Un candide en terre sainte

15 05 2009

Debray
Actuellement en pleine lecture d’un essai de Régis Debray, Un candide en terre sainte, je bataille il est vrai pour suivre l’érudition de l’auteur : c’est d’ailleurs une double gymnastique que m’impose cette lecture, de l’esprit mais aussi des biceps car je me vois contraint de soulever mon dictionnaire à chaque mot inconnu ou notion mal maitrisée, c’est à dire très souvent !

L’idée originale de l’auteur est de suivre l’itinéraire supposé de Jésus et de profiter de ce prétexte pour aller à la rencontre des habitants de cette région du globe, à la croisée des trois grandes religions monothéistes. Et cela s’avère souvent passionnant !

Mais outre l’idée de vous faire partager cette lecture, c’est un des thèmes principaux du livre qui m’intéresse ici. Comment réagir à la montée de l’Islam radical, autrement que par les jugements péremptoires et les rejets de l’extrêmisme religieux. Car, est-ce en affirmant les banalités rebâchées sur la dangerosité de cet intégrisme que nous avons une chance de progresser ?

Tout l’intérêt du livre repose dans le fait que l’auteur s’efforce avec tous ses interlocuteurs de gommer au maximum ses a priori d’occidental formaté. Son but est d’écouter et de débattre (quand il le peut !), qu’il soit face à un membre de la confrérie des Frères Musulmans ou à un haut dignitaire du hezbollah, qu’il soit face à un colon israélien ou face à un pretre orthodoxe de Jérusalem ….

Alors, bien sûr face à des interlocuteurs qui manient souvent brillament l’art de la réthorique, il s’agit parfois de leur opposer des faits ou des opinions différentes pour tester leur propre propension à l’ouverture et à l’écoute mais j’en viens aux conclusions suivantes :

ECOUTER – On aime de plus en plus à diaboliser des catégories, des communautés plutôt qu’à tenter le dialogue avec elles. Le symbole le plus cuisant en est notre cher actuel président qui excelle dans cet exercice : des banlieues à nettoyer au karcher, a la France de ceux qui se lèvent tôt, aux affreux patrons avec leurs stocks-options, il ne loupe pas une occasion d’engendrer les animosités pour servir ses réformes et d’asséner des jugements moraux plus ou moins explicites.
Pour parler d’un autre président, je suis persuadé, sans entrer dans un « Obamisme » bêtifiant, que le nouveau président des Etats-Unis, pour ne citer que 2 exemples, a raison quand il souhaite ouvrir le dialogue avec l’Iran et est sage de condamner et supprimer Guantanamo tout en souhaitant éviter la publication publique des photos de torture.
Par ailleurs, un bénéfice supplémentaire de l’écoute est qu’il supprime justement la possibilité aux extrêmistes de tous bords de se placer comme martyrs et qui auront tout loisir alors de désigner à leur tour leurs « opposants » comme obscurantistes ! C’est l’éternel débat du « faut-il diaboliser Le Pen », ma réponse, vous l’aurez compris, est non.

– Deux professeurs d’histoire-géo m’ont enseigné une notion capitale. Dis par l’un « Toujours se replacer dans le contexte« , racontée par l’autre via une anécdote : alors qu’elle enseignait à des élèves d’un lycée international, elle s’était retrouvée prise au dépourvu quant, parlant de la « défaite de Waterloo », le lycéen lui avait rétorqué avec le sourire, mais de quelle défaite parlez-vous ?

Nous avons la chance en France de connaître une liberté d’expression que nous envient beaucoup d’intellectuels à travers le monde. Mais servons nous-en non pas comme un étendard mais plutôt comme une occasion de communiquer avec humilité. Chacun est détenteur de sa vérité, alors forçons-nous à écouter celle des autres. La chance supplémentaire de pays comme le nôtre est de ne pas être touchée directement par la guerre ou les bombardements qui touchent tant de populations au Moyen-Orient, alors plutôt que de parler sans-cesse de la montée de l’islamisme radical, mettons en avant les partisans d’un Islam modéré, encourageons par exemple la Turquie à entrer dans l’Europe, elle qui est à mi-chemin entre l’Europe et l’Arabie et qui est capable de comprendre les deux cultures plutôt que de cibler chaque atteinte à la démocratie de son gouvernement islamique actuel.

De tolérance, il en était d’ailleurs question quand j’ai assisté, à l’occasion du jour de l’Europe, à un débat entre le ministre des affaires étrangères singapourien et les ambassadeurs européens. Tout en couvrant de louanges la construction européenne, modèle à ses yeux pour l’ASEAN, et tout en respectant la liberté de la presse en Europe, Tommy Koh n’a pas hésité à la fin de son discours à exprimer certains voeux « politically incorrect » et notamment celui de voir les Européens respecter plus les musulmans déclenchant une levée de réactions des différents ambassadeurs. Il faisait notamment allusion aux caricatures parues dans les journaux danois, synonymes pour lui d’offense aux croyants musulmans. Il est intéressant de constater que le ministre des affaires étrangères d’un pays, non démocratique mais laïque, se définissant lui-même comme agnostique, éprouve ce ressentiment vis-à-vis des Européens. Je ne suis pas en train de dire qu’il auurait fallu interdire ces caricatures mais cela pose la question de la différence de perceptions et du dialogue nécessaire.

Je laisserai à Théodore Monod le mot de la fin : « Ce qu’il faudrait, c’est toujours concéder à son prochain une parcelle de vérité »





Soldes sur le Monopoly : sauvons le capitalisme !

5 05 2009

MonopolyO stupeur, o tremblements lors d’une de mes dernières tribulations dans un des innombrables malls de Singapour … vous croirez que cette photo est truquée mais non, c’est bien un Monopoly, peut-etre le jeu de société le plus populaire au monde, symbole par excellence du capitalisme sans merci, du matérialisme et de l’invidualisme qui se retrouve bradé à -20% dans le centre commercial d’un des pays qui arbore le plus fièrement ses valeurs … mais où va donc le capitalisme ?

Je me dois donc de réagir malgré mes connaissances très limitées sur les mécanismes macro-économiques et financiers. C’est l’idée de ce blog, : partager mes impressions sur tous les sujets qui me touchent. Première chose en passant, je trouve assez horripilante la chasse aux sorcières effectuée en ce moment contre les grands patrons ou banquiers de tous bords.

Primo, l’acharnemement systématique sur une catégorie de personnes a tendance à me hérisser le poil tant elle tient de l’instinct grégaire des media,

Deuxio, il semble que beaucoup se réveillent maintenant alors que ces dérives d’un capitalisme industriel vers un capitalisme financier ne datent pas d’hier. Je me souviens avoir naivement défendu dans des conversations il y a plus de 10 ans de cela le fait que les ratios entre les patrons les mieux payés et les employés au smig étaient délirant et ne répondaient plus à aucune logique et c’est tout juste si on ne me traitait pas alors de communiste, en me servant toujours la meme rengaine « avec les responsabilités qui lui sont imparties, il est normal que le cadre gagne ces sommes » ou « ce n’est pas en réduisant les salaires de cette infime minorité que l’on résoudra les problèmes », pas tous les problèmes certes …

Tertio, je pense que ce ne sont pas les hommes qu’il faut incriminer mais plutot le système, la cupidité touche la plupart d’entre nous à différents niveaux, le tout est de trouver un système le plus juste possible pour nous en éloigner.

Alors voilà, en toute humilité et sur ce sujet o combien compliqué, je voudrais lancer les pistes de réflexion suivantes :

1- L’homme est par essence individualiste (moi le premier j’aime mon confort et je pense à moi et à ma famille en premier) meme s’il est dans le meme temps naturellement destiné à vivre en groupe. On ne pourra jamais l’empecher de vouloir toujours plus et pour une personne prete a partager, il y en ra toujours 10 pretes à toutes les combines pour s’accaparer le gros du magot. Sans tomber dans le communisme qui est probablement un bel idéal mais comme tout idéal dangereux et poussant aux extrêmes, pourquoi ne pas essayer d’introduire plus de garde-fous. Par exemple, au dela de 10 fois le salaire d’un employé, imposer les cadres ou pdg à 80% de leur salaire. Je sais que cela parait aujoud’hui irréalisable et à l’encontre des règles du libéralisme, mais sur le fond, est-ce vraiment choquant de demander à une personne de restreindre son salaire au delà de 15 000€/mois … et travailler dans une vision long terme à une harmonisation et, surtout, une simplification de la fiscalité, tous ces débats sur la France qui impose trop ses sociétés ou ses particuliers alors qu’elle est dans la moyenne européenne seraient alors superflus. Je sais, j’en demande beaucoup, mais c’est dans les périodes les plus difficiles que se produisent les plus grandes avancées, regarder le nombre de réformes qui ont été prises juste après la seconde guerre mondiale !

2- Pourquoi ne pas essayer de lancer une monnaie mondiale unique ? C’est bien sur totalement illusoire à court voire à moyen terme mais qui aurait cru en l’Euro il y a 60 ans. Je trouve l’idée européenne très belle et elle a surement permis une stabilité économique et une meilleure harmonie entre peuples européens. Mais ce que j’aime moins, c’est quand on commence à défendre l’idée de l’Europe pour résister aux autres puissances économiques. Bien sur, de manière pragmatique c’est ce qui s’est passé et ce qui se passe encore mais à l’heure de la mondialisation totale et des échanges facilités entre tous les pays, une monnaie unique serait un formidable contre-pied aux extremistes, communautaristes, nationalistes de tous bords.

3- Pourquoi consommer toujours plus ?

Je suis un partisan sans réserve du progrès et de la recherche même si ceux-ci doivent être accompagnés de garde-fous pour que les retombées positives prennent toujours le dessus sur les utilisations dérivées ou dangereuses (apports de la génétique contre risques d’eugénisme, apports du nucléaire civil contres risque de propagation des armes nucléaires). Mais ce progrès a-t-il vraiment besoin d’une croissance toujours plus grande de la consommation ? Je suis le premier à en être la victime, à racheter un nouvel ipod avant même que le précédent ne fonctionne plus, voire même à participer activement du processus puisque travaillant moi-même dans le marketing mais est-ce une raison pour ne pas se poser de question ? Les partisans de la décroissance toujours plus nombreux aujourd’hui me paraissent parfois un peu trop alarmistes.

Ils jouent parfois trop des peurs (en partie justifiées) sur la pollution croissante, les réserves en énergie déclinantes ou les changements climatiques (on oublie de dire que les changements climatiques qui ont bouleversé notre planète ont aussi permis à l’espèce humaine de se développer et que les écolos, dans leur désir de sauve toute espèce vivante sur la planète, sombrent parfois dans une dérive inverse, de vouloir controler artificiellement à leur tour l’évolution de la planète … certes j’exagère un peu !). Ces partisans oublient aussi les données démographiques et économiques … allez demander à la Chine, l’Inde, voire l’Afrique de ralentir leur croissance aujourd’hui !

Mais ces réserves déposées, il me semble quand-même que nous pourrions réfléchir le progrès autrement, concentrer par exemple la recherche ou l’innovation dans l’économie d’énergie, l’amélioration de la nutrition (combien coute à l’économie les conséquences de la malbouffe aujourd’hui ?), la santé et surtout l’accès à la asnté pour tous, l’éducation ou le partage des connaissances et … pour rever à des futurs improbables, l’espace qui semble avoir été délaissé car couteux et abasolument pas rentavle à court terme …

C’est promis, je m’éparpillerai moins pour mon prochain post, c’était l’enthousiasme du premier, à vos plumes aiguisées désormais pour commenter ces propos passionnés !





Pourquoi ce blog ?

5 05 2009

Non je ne pars pas faire le tour du monde … non je ne souhaite pas non plus vous faire partager les dernières aventures de la famille Ollivier sur ce blog même si je m’autorise dans le futur a citer les sages aphorismes de mon fils de 3 ans et demi (dernier en date qui vous poussera sans aucun doute a la méditation « les malls a Singapour c’est terrifiant »), l’idée est plus de partager au gré de l’actualité coups de gueule ou coups de coeur, opinions ou interrogations, déceptions ou révélations.
On aime en France à débattre sur tous les sujets, du coup de tête de Zidane à la grippe porcine en passant par la crise financière ou le réchauffement climatique. Avec tous les défauts de ces palabres souvent péremptoires et par essence subjectifs, ces discussions de comptoir me manquent un peu à Singapour … voilà pourquoi j’ai décidé de vous faire partager mes états d’ame … Eric

P.S : je ne me fixe aucune contrainte sur les thèmes abordés ni sur la fréquence des sujets mais n’hésitez surtout pas à me titiller ou me relancer !