Enterrons les sondages

26 11 2009

Je surfe vendredi dernier sur un site d’actualité et quel est le premier article proposé ?
« DSK : la présidentielle « n’est pas mon sujet »
C’est ce qu’a déclaré hier soir le directeur général du FMI sur le plateau du Grand Journal de Canal+, alors qu’un nouveau sondage indique que 36% des Français voient en lui le meilleur candidat socialiste pour 2012″
Honnêtement, qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse que 360 français pris dans un panel de 1000 pauvres couillons qui n’ont rien demandé, déclarent à 2 ans et demi des présidentielles qu’ils voient en DSK le meilleur candidat socialiste … Est-ce véritablement une information stratégique et surtout tangible ?
Et le sondage de continuer : 49% des Français doutent que DSK fasse un « bon président » ==> mais là où cela devient drôle c’est que 2 sondages similaires avaient été effectués 2 semaines auparavant : Pour le premier, réalisé par le même institut Opinionway et paru le 13 novembre, Dominique Strauss-Kahn ferait un bon candidat à l’élection présidentielle de 2012 pour 52% des Français et pour le second, de l’institut CSA paru jeudi 12 novembre dans Le Parisien, montrait en revanche que Dominique Strauss-Kahn ne « ferait un bon président de la République » que pour 34% des Français, 49% exprimant des doutes à ce sujet … je laisse bosser les analystes sur ces chiffres …

Et, encore je vous épargne le sondage sur la qualification peu glorieuse de l’équipe de france de football (OpinionWay-France 2, 22 novembre 2009), sur l’interdiction de la fessée (TNS Sofres- Dimanche Ouest France 22 novembre 2009), ou les dépenses prévues pour Noël en cette période de crise (Ipsos-France Bleu, 23 novembre 2009)
Comme le dit mieux que moi l’Observatoire des Sondages, « rien ou presque n’échappe à la compulsion sondagière qui soumet des sondés conciliants à des questions sur tout et n’importe quoi, et conduit la presse à en faire état complaisamment. »

Je dois vous avouer mon ras-le-bol face à la tyrannie grimpante de ces sondages. J’ai de plus en plus l’impression que les rédactions des journaux/télévisions/sites ne trouvant pas de sujet de fond à traiter ou ayant peur d’ennuyer leur lectorat préfèrent commander un énième sondage pour ensuite l’analyser de tous les côtés.
De plus, il est évident que ces sondages sont la plupart du temps biaisés. Faire un sondage sur le meilleur candidat socialiste pour les présidentielles 3 jours après que Ségolène Royal s’écharpe avec Vincent Peillon, on se doute que la côte de popularité de Miss Poitou-Charentes pour qui je n’ai par ailleurs aucune sympathie s’en trouve légèrement écorchée …

Ou, encore plus ridicule, les sondages qui nous décrètent les 100 stars les plus sexy de l’année, souvenez-vous, il y a quelques années, nous avions eu le droit à Véronique Genest dans le top ten ! Je vous épargne une photo de ladite Véronique car je ne voudrais pas enlaidir mon blog mais la traduction est simple : le sondé moyen va répondre en donnant les noms qu’il connait et cela en dit long en l’occurrence sur la culture du Français moyen …

J’ai eu l’occasion quand j’étais étudiant de faire remplir des questionnaires dans la rue : concrètement comment cela se passe (c’est pareil au téléphone) : Le sondé n’a la plupart du temps pas envie de répondre au sondage mais il le fait par pitié pour le sondeur. Il bacle ses réponses et se laisse parfois guidé par le sondeur lorsqu’il hésite. Je me souviens même que, honte à moi, je remplissais moi-même des faux questionnaires par dépit de ne pas avoir terminé mon quota.
C’est dire la qualité des réponses … mais c’est sans parler de la qualité des questions !
Imaginez par exemple un questionnaire sur l’écologie :
« Êtes-vous concerné par les questions d’environnement ? » Vous aurez évidemment une grande quantité de personnes qui répondront oui alors qu’ils s’en foutent éperdument mais parce que c’est dans l’air du temps
Et, les analystes, ensuite d’en déduire que les Français ont un comportement beaucoup plus respectueux vis-à-vis de la nature … la démonstration est certes un peu réductrice mais proche de la vérité.

Les médias influencent l’opinion puis font des sondages pour conforter un peu plus cette opinion, cela devient presque de la propagande ! En politique par exemple, plus un candidat sera bas dans les sondages, moins il intéressera les médias et plus ses scores baisseront au prochain sondage, faute d’avoir pu relayer ses idées …

Mais comme mon souhait de voire disparaître ces sondages est bien illusoire, je propose aux journaux quelques idées pour leurs futures enquêtes d’opinion :
– Pour ou contre le Sida ?
– De combien de degrés pensez-vous que la planète se sera réchauffée en 2050 (Un sauna gratuit pour la réponse la plus proche) ? Comme ça, il suffira de faire la moyenne et on sera fixé une fois pour toute.
– Pour ou contre les talonnettes de Sarkozy ?
– Pensez-vous que Dieudonné ferait un bon président ?
– Souhaitez-vous que les pauvres soient moins pauvres ?
– Êtes-vous pour ou contre les sondages …

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Grrrr…amère

25 11 2009

Je suis conscient de ne pas être dans l’air du temps mais j’avoue être de plus en plus excédé par le laisser-aller grimpant vis-à-vis de la grammaire en France.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que tout était mieux avant et qui ressassent des propos du genre : « le cinéma des années 60, c’était autre chose » ou « la musique classique, c’est tout de même une classe au-dessus des musiques actuelles », ou encore « l’art moderne, c’est du non-sens » etc.
Je pense au contraire que nous avons souvent gardé ce qu’il y avait de meilleur des générations passées et que nous ferons également le tri dans notre culture actuelle.
Concernant les modes d’éducation, l’apprentissage « par cœur » de la génération de nos grands-parents avait ses avantages (mon grand-père pouvait me réciter un nombre incalculable de poésies) mais aussi ses défauts (probablement trop de bachotage et pas assez de temps pour la réflexion).

Mais pour en venir au sujet du jour, je crois tout de même qu’il y a une véritable régression dans la maîtrise de la langue française aujourd’hui. Et je ne parlerai pas de l’orthographe ici qui en est une des composantes mais plus de la grammaire qui a un rôle encore plus important à mon sens. En effet quand je lis désormais de plus en plus souvent dans des e-mails, voire dans des articles sur internet des fautes du type « j’ai oublier » ou « les chocolats que j’ai mangé », je me demande de plus en plus l’importance que les personnes attachent à la grammaire et par là-même à la compréhension de la langue.
Car il s’agit bien de cela, personne n’est bien sûr à l’abri de fautes d’inattention, d’autant plus dans des e-mails rapidement rédigés mais lorsqu’ils s’agit de fautes liées au sens de la phrase, c’est beaucoup plus inquiétant.

Or la grammaire c’est ce qui structure notre langue et par là-même notre pensée. Si nous perdons cette richesse, nous régresserons obligatoirement dans notre communication et notre intelligence car la palette des possibles diminuera. Quand j’entends certaines personnes pousser à l’abandon du subjonctif ou de certains temps sous prétexte qu’ils sont rarement utilisés ou quand j’entends certaines personnes encourager la simplification de l’orthographe, c’est pour moi aussi inquiétant que de refuser l’ajout de nouveaux mots à notre langue.

Alors d’où viennent ces dérives ? Probablement de plusieurs facteurs :

L’enseignement de la grammaire en classe
J’avoue être peu renseigné sur la question mais j’ai l’impression que les basiques ne sont plus enseignés de la même manière. J’avais entendu par exemple dans un reportage qu’il était demandé aux enseignants de ne plus nommer explicitement un COD ou un COI, exemples à l’appui mais de les replacer uniquement dans le contexte lors de lectures en classe. Cette évolution me laisse perplexe car elle sous-entend que l’enfant n’est plus capable d’apprendre une théorie pour ensuite l’appliquer mais qu’il aurait directement besoin de la pratique. Cela va dans le sens actuel qui pousse à limiter les efforts de l’enfant et à niveler par le bas. Ou c’est l’excès inverse, comment faire compliqué quand on peut faire simple : utiliser le jargon de l’éducation nationale, type,  » focalisation omnisciente  » ou « continuité textuelle », absurdités qui dégoûtent les élèves comme le raconte Erik Orsenna dans La Grammaire est une chanson douce.
Pour prendre mon exemple, je me souviens que mon niveau de français en primaire était franchement moyen mais que l’apprentissage de la grammaire et l’intérêt progressif pour la lecture à partir du collège (grâce à de bons profs de français) m’ont fait aimer la langue française. Je me souviens avoir pris un réel plaisir dans l’apprentissage de la grammaire latine et allemande également et je suis d’avis que conserver un apprentissage minimum du latin serait très utile. Et aujourd’hui c’est un réel bonheur de pouvoir manier les mots et de ne pas m’empêcher de développer une idée de peur de ne pouvoir l’exprimer correctement. D’ailleurs je me rends compte que mes lacunes en anglais (autant du vocabulaire que du bon usage de la langue) sont handicapantes dans mon travail. J’ai l’impression d’être tout simplement plus « bête » en anglais.

La vampirisation du livre par l’écran
Bien sûr, un enfant de 10 ans est aujourd’hui capable de surfer sur internet et peut pour n’importe lequel de ses exposés se documenter ainsi très rapidement. Bien sûr la télévision, si bien utilisée, peut également est un formidable vecteur de culture. Mais tout ce temps est pris à la lecture et j’en suis le premier conscient car je cède souvent à la tentation de l’écran. Or il est très clair que l’on est beaucoup plus passif face à un écran que face à un livre. Et la lecture est une nourriture indispensable pour aimer et bien manipuler une langue. Mais comme pour la nourriture justement, il ne faut pas en dégouter les enfants (faire lire des pavés en 6ème par ex) mais plutôt avancer selon les plaisirs de chacun en essayant régulièrement de faire goûter des nouveaux styles.

Le phénomène SMS
Extraordinaire l’invention du téléphone portable et fascinante l’utilisation du texto. Je reste encore sidéré de voir à quelle vitesse sont capables de communiquer certains par ce média. Mais s’il ne me viendrait pas à l’idée de dire qu’un ado doit faire des phrases complètes via ses SMS – toute l’utilité de ce média perdant ainsi son sens – je pense qu’il représente un risque car il peut devenir la norme. Demandez à des professeurs de français, je pense que 100% d’entre eux auront des anecdotes sur des phrases sms dans des copies, comme l’euthanasie qui devint pour un candidat «le tas nazi» !, ou les Martiniquais qui devinrent les « martinikés »

La dictée de Bernard Pivot n’existe plus, signe des temps, alors, pour faire plus « djeun » et international, je lance un appel, créons les « Grammaire Awards » !





Coca-Cola c’est ça

18 11 2009

Comme certains d’entre vous le savent déjà, j’ai eu la « chance » de travailler pour Coca-Cola pendant une année entre 2002 et 2003.
Quand on me demande quelle expérience j’en ai retirée, je suis un peu ennuyé.
En effet je crois pouvoir dire que je n’ai jamais aussi malheureux de me lever le matin pour aller bosser. Et de retour le soir ce n’était pas franchement mieux comme ma femme pourrait en témoigner tellement j’ai du lui faire subir mon stress.
Cela dit, je ne peux nier, les années ayant passe, que j’y ai appris des choses utiles a mon vilain métier de marketeux.

Commençons donc par le positif et le mot prend tout son sens ici :
– Comme probablement de nombreuses boites américaines, Coca-Cola a le culte du positivisme, je vous raconterai plus loin jusqu’à quelle extrémité ils peuvent le pousser mais force est de reconnaitre que dans certains cas de figure ils n’ont pas tort. Pour vendre un produit, mieux vaut le faire avec le sourire. Rien de pire par exemple qu’un brainstorming ou les gens s’interdisent une idée en mettant en avant ses contraintes plutôt que son potentiel.
– Coca-Cola m’a appris l’importance de la forme dans l’acte de vente. Je n’ai jamais autant « présenté » que chez Coca-Cola, j’ai écrit des milliers de pages powerpoint pour défendre mes projets, le plus souvent en interne et le point essentiel que j’en ai retiré est le suivant : quand vous présentez, racontez une histoire. En effet, rien de plus efficace pour maintenir l’attention de son auditoire que de formuler son projet sous forme d’une histoire que vous leur racontez.

Bref, je ne suis pas ingrat et je suis donc reconnaissant a Coca de m’avoir enseigne des méthodes. Mais j’en ai subi aussi toutes les absurdités.

– je parlais de la « positive attitude » : ils l’ont pousse jusqu’a m’entendre dire, 3 mois après mon arrivée : « Eric, nous sommes satisfaits de ton intégration et de ton travail mais il y a un problème, tu dois plus sourire. Nous sommes en Open Space et tu ne peux pas te permettre d’avoir l’air tourmenté ou sérieux quand tu travailles .. » imaginez ma surprise et ma problématique : se forcer a penser a sourire constamment alors que j’étais surmené, voire parfois aux limites de la déprime !

– Apprendre a raconter une histoire c’est bien mais « raconter des histoires » c’est moins bien. On apprend bien sur a enjoliver dans les métiers du marketing mais on nous encourageait parfois a fausser nos chiffres dans les présentations internes pour justifier de la réussite ou de l’intérêt de nos projets …

– Le culte de la forme (tiens c’est drole que la « forme » prenne un « poids » si important chez Coca) c’est un bon apprentissage mais le résultat compte aussi : Je me souviens d’être sorti de réunions ou notre projet avait été rejeté mais ou mon boss était satisfait car j’avais bien présenté. Devant mon scepticisme, il m’expliquait grossièrement qu’il valait mieux que mon projet échoue mais que j’ai laissé une image positive auprès de la direction que l’inverse … difficile pour moi de dissocier les deux !

– Le culte de la forme a son apogée lors du « roadshow » annuel, sorte de grande messe destinée à présenter les plans marketing a venir et a motiver l’ensemble des employés. Ce roadshow se déroulait sous forme de spectacle géant où chaque chef de produit devait exposer ses plans face à 500 personnes avec le plus d’éclat possible. La responsable de la marque phare, avec une assurance énorme, se lance avant de rentrer dans le vif du sujet, dans une reprise d’une chanson de Tina Turner ! La foule applaudit en délire … passe ensuite un autre responsable de marque n’ayant pas les mêmes aptitudes, la cinquantaine essayant de parler djeun … un véritable cauchemar !

– Le culte de la forme toujours qui nous poussait à passer des heures sur nos présentations : à l’époque en tout cas, je pense pouvoir dire qu’a un instant t, 90% de la boite devait être devant une présentation powerpoint sur son ordinateur ou en train de l’exposer en réunion !

Coca-Cola c’était donc ça, le royaume du think positive et donc de l’hypocrisie maladive. D’ailleurs j’avais si bien compris les recettes a la fin – je ne vous parle pas de la fameuse formule secrète, celle-la si vous êtes motivés ce film pourra vous aider à la retrouver – que lors de l’entretien ou ils m’ont annonce ma prolongation de contrat, j’ai pu leur dire avec mon plus beau sourire « Non merci » et j’avoue y avoir pris un certain plaisir ..ée





Bonne nuit les petits !

6 11 2009

NounoursHortefeuxÉlections régionales obligent, le gouvernement se sent obligé de céder une fois de plus à la tentation sécuritaire et nationaliste pour rassurer une partie de ses électeurs. Et ce d’autant plus que les chiffres concernant l’insécurité se sont dégradés depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir. On voit donc naître des séries de mesures ou de déclarations de de différents membres de l’exécutif : débat sur l’identité nationale, démantèlement de la « jungle » de calais, proposition de loi sur la burka : Tous ces sujets sont de vrai sujets mais c’est la manière employée et les solutions proposées qui m’inquiètent.

Dernière goutte d’eau cette semaine qui me pousse à écrire cet article , la proposition par Brice Hortefeux d’un couvre-feu pour les mineurs délinquants de moins de 13 ans.
Le gouvernement agit comme à son habitude :
Sur la manière : il lance un pavé dans la mare sans avoir préparé un cadre à sa nouvelle « réflexion ».
Et sur le fond : il met en exergue les dangers, l’insécurité et propose une « loi » de plus plutôt qu’un travail continu sur le terrain
Il se prémunit également de toutes les critiques à venir en déclarant passifs et naïfs tous ses détracteurs qui, parce qu’ils critiquent cette proposition ne verraient une solution que dans la prévention et seraient par conséquent des laxistes soixante-huitards.

Mais force est de constater que les critiques tombent de partout cette fois-ci : non seulement des opposants politiques mais aussi des juges pour enfants qui voient mal comment une telle mesure pourrait être applicable et même des syndicats de police qui voient mal comment concilier notamment baisse des effectifs avec une recrudescence des contrôles.
C’est même parmi ses rangs que viennent les critiques les plus sensés : Le député UMP des Yvelines Pierre Cardo s’est montré « extrêmement réservé » sur cette proposition : « Cela pose plusieurs questions. D’abord, la plupart des mineurs de moins de 13 ans qui se promènent seuls la nuit ne sont pas tous délinquants » et « pour la plupart, ils n’ont pas de papiers d’identité sur eux », a-t-il observé sur France-Info.
« Conclusion, ça va, à mon avis, poser quelques petits problèmes d’identification, d’autant que la nuit, on n’a pas tant que ça de policiers qui se promènent dans nos quartiers et surtout ce ne sont pas des unités locales », a ajouté le député UMP.

Concrètement, imaginons un peu la scène : un policier arrête un jeune de 12 ans et lui demande ses papiers. Dans la majorité des cas, il ne les a pas sur lui, le policier décide donc ou pas de l’emmener au poste pour un contrôle d’identité. Si le mineur n’est pas délinquant, il le relâche : il a fait naître un sentiment de défiance supplémentaire chez le jeune qui considère l’acte comme un délit de « sale gueule ». Si le mineur est effectivement délinquant, il entame une procédure encore inconnue à ce jour.
Croyez-vous que l’annonce de cette loi va :
– Inquiéter ces mineurs et les pousser à rester chez eux ?
– Encourager les parents à se responsabiliser ?
– Améliorer les relations entre police et les habitants du quartier, créant un sentiment de défiance généralisé ?
– Rendre la vie de la police plus simple, lui ajoutant un travail pénible avec des effectifs moindres et ce, pendant la nuit ?

Personnellement, j’en doute et je commence à être fatigué par la démarche du gouvernement qui consiste à déclarer qu’il agit alors que les gouvernements précédents sont restés les bras croisés. N’oublions pas que les socialistes avaient lancé une police de proximité, qui était sensée recréer des liens pérennes avec les jeunes de quartier et que cette police a été démantelée avant même que l’on ne puisse juger de ses résultats.Cette mesure, avec le démantèlement progressif de certains bureaux de postes, allait d’ailleurs isoler encore plus certains quartiers qui ont besoin de ces lieux de vie avant qu’ils se transforment en zones de non droits.

De toute façon, en prenant le mal à la surface, il est évident qu’il ne sera pas résolu. Et j’en reviens à mon crédo :
– donner avant tout plus de moyens pour l’éducation, je n’entends pas par là plus d’enseignants mais des enseignants mieux payés et mieux évalués et une incitation financière forte pour pousser les meilleurs enseignants à venir dans ces quartiers difficiles pour redonner aux enfants le goût de l’école. Je pense mais cela mériterait un autre post que la les meilleurs enseignants sont souvent ceux qui ne respectent pas les méthodes ou programmes, l’enseignement étant souvent trop théorique et pas assez pratique, dégoutant les élèves qui n’arrivent à voir un sens derrière ce qu’ils apprennent.
– aider les élus locaux dans leur démarche à encourager tout ce qui peut créer une vie de quartier : commerces, associations, poste, installations sportives, police de proximité etc.

Bref encourager le dialogue plutôt que l’isolement. Et à ceux qui considéreraient ces propos comme émanant d’un bobo socialo naïf à l’abri de toutes ces difficultés, je répondrais à l’avance que je ne prône aucun angélisme ou laxisme et que je crois au contraire dans les vertus de l’autorité si elles sont associées au dialogue. Prenons une image simpliste : mon fils vient de mal se comporter, je préfère lui expliquer sa faute et le punir ensuite plutôt que directement lui infliger une punition qu’il ne comprendra pas obligatoirement. Mais je ne crois en aucun cas qu’une fessée va le traumatiser, rassurez-vous !





Le nucleaire militaire, pour quoi faire ?

3 11 2009

Je ne lancerai pas ici un débat sur le nucléaire civil qui me semble aujourd’hui nécessaire car moins polluant que les énergies fossiles même s’il parait évident qu’il faille développer parallèlement toutes les énergies renouvelables.

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est le nucléaire militaire. Il y a quelques mois, Barack Obama a annoncé, pour une fois sans un relai médiatique suffisamment fort, que les États-Unis étaient prêts à déployer des efforts supplémentaires pour réduire leur arsenal nucléaire. Il a même parlé d’un objectif « Zéro Bombe ».
champi nucleaires
J’ai toujours été un peu étonné par ce débat autour de la dissuasion nucléaire car en pratiquant un raisonnement théorique, les hypothèses ne sont finalement pas nombreuses :
La détention de cette arme sous-entend qu’elle pourrait être utilisée dans un cas extrême mais poussons alors le raisonnement un tout petit peu plus loin : Je gouverne un pays et malgré les avertissements de l’ONU je décide par exemple d’attaquer un autre pays, voire, allons encore plus loin, d’attaquer un pays possédant la bombe. Que va-t-il se passer ? L’hypothèse la plus probable, des soldats dirigés par l’OTAN ou une coalition vont répondre a cette attaque mais surement pas avec la bombe qui causerait des ravages parmi la population et engendreraient des conséquences désastreuses (guerre mondiale, nouvelles bombes envoyées par des pays allies au pays belligérant etc.). Mettons nous désormais quelques secondes dans la peau de ce dirigeant ayant des intentions belliqueuses : est-ce vraiment la menace d’une bombe nucléaire qui l’inquiète ou celle d’une attaque de troupes sur son territoire ? Si celui-ci est suffisamment fou pour attaquer malgré les menaces internationales, il partira du principe suivant : Avec de la chance je ne serai pas attaqué, si je le suis cela risque d’être un bourbier pour mes ennemis et si jamais ils osaient lâcher une bombe nucléaire, mon peuple deviendrait alors un peuple martyr et l’opinion publique internationale se retournerait contre mes ennemis.
La stratégie de dissuasion me parait donc limitée et quand bien même on pousserait le raisonnement jusqu’au bout (après tout, les États-Unis ont déjà envoyé la bombe a 2 reprises sur les Japonais), le monde sombrerait alors dans un chaos incroyable.

A quoi sert donc la bombe aujourd’hui ? Je pense que c’est plus un moyen d’étaler sa puissance militaire aux pays voisins ou plus lointains. Et c’est la que le bas blesse : non seulement certains pays démontrent déjà leur domination économique mais ils y ajoutent leur domination militaire. Plaçons nous désormais a la place d’un iranien moyen (je sais que je risque d’en choquer certains) : il n’aime pas forcement son président et il n’adhère pas obligatoirement a ses propos négationnistes par exemple. En revanche, il ne comprend pas que son pays soit constamment montré du doigt lorsqu’il déclare vouloir acquérir l’arme nucléaire (aujourd’hui il ne parle plus provisoirement que de nucléaire civil). En effet, de quel droit des pays comme les États-Unis ou la Chine pourraient la détenir plus qu’eux ? Et pourquoi ces pays seraient moins dangereux ? Après tout ce sont les États-Unis, les seuls a avoir osé appuyer sur le bouton ! Personnellement je partagerais facilement ce sentiment d’injustice face a cette pensée implicite : vos dirigeants sont des dangereux terroristes, nous ne pouvons pas vous laisser la bombe, nous les « bons ». Il ne faut pas oublier que notre vision du monde est toujours très subjective et dépend d’où nous nous trouvons.
carte proliferation nucleaire
C’est là que le discours de Barack Obama prend toute sa force et qu’il doit être suivi par des déclarations de ses homologues Chinois, Français, Anglais, Indien, Russe etc.
Voila ce qu’il déclarait a Prague le 6 avril 2009 : « Les États-Unis, en tant que seule puissance nucléaire à avoir jamais utilisé une arme nucléaire, ont la responsabilité morale d’agir […] Aujourd’hui, je souligne clairement avec conviction l’engagement des États-Unis et son désir d’œuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d’un monde sans armes nucléaires […] Je ne suis pas naïf, cet objectif ne sera pas atteint rapidement, peut-être pas durant mon existence […] mais le temps est venu pour que les essais d’armes nucléaires soient définitivement bannis »

En effet, si les pays officiellement détenteurs de la Bombe se tiennent à l’objectif même long terme de se débarrasser de leur arsenal nucléaire né de la course aux armements pendant la guerre froide, il sera alors possible de tenir un discours cohérent aux pays comme l’Iran ou la Corée du Nord désireux de rattraper leur retard. Cela revient presque a leur dire : nous avons fait des erreurs dans le passé, ne commettez pas les mêmes, ce qui est déjà un discours difficile à faire passer (tant il est paternaliste et moralisateur) comme on peut le constater sur l’environnement.
C’est une bataille loin d’être gagnée mais plus les dirigeants attendront pour la mener, plus elle sera vouée a l’échec car la prolifération nucléaire aura alors gagné trop de pays.
Nous les Français que ce soit avec Chirac ou Mitterrand n’avons jamais montré l’exemple et pour l’instant Sarkozy suit la lignée de ses prédécesseurs … je tiens à dire que je serai le premier à l’applaudir s’il osait changer de ligne de conduite malgré les lobbys économiques et politiques.