Inglourious Basterds

GLOIRE AUX BATARDS
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Nouvel opus tarantinien et éternel débat sur son cinéma : Ses défenseurs arguent pour son sens de la mise en scène, sa maîtrise des dialogues, ses détracteurs contre sa violence gratuite, son absence de thématique et de psychologie qui n’en font pas un auteur à leurs yeux mais juste un bon faiseur voire un manipulateur.
Et bien je vais vous dire, je n’ai envie de fâcher personne aujourd’hui, je serai d’accord avec tout le monde … à une nuance près : personnellement j’aime être manipulé au cinéma et je préfère cent fois que les spectateurs laissent libre cours à des pulsions violentes devant un écran qu’ailleurs. Je suis de ceux qui ne croient pas que la violence à l’écran engendre une violence personnelle, celle-ci est déjà enfouie en vous et ce n’est pas parce que Tarantino refait l’histoire avec ces bâtards vengeurs qu’un jeune va ensuite décider de faire pareil. Bien sûr je ne mettrai pas mon fils seul devant un tel film avant qu’il ait suffisamment de maturité mais, pour faire court sur ce sujet, je dirais que la violence n’a pas attendu le cinéma ou la littérature pour exister …
Pour en revenir au film, c’est un pur moment de réjouissance avec quelques scènes culte comme la scène d’introduction où le spectateur vit avec les juifs cachés sous le parquet leur peur grandissante. Tarantino a un don pour faire monter le suspens via son cadrage, des dialogues totalement inhabituels, une utilisation de la musique extraordinaire et des comédiens (ici quasi inconnus) dirigés parfaitement. On pourrait également parler de la scène dans la taverne construite sur le même principe mais avec cette fois-ci une mécanique plus complexe car impliquant une dizaine de personnages.
Mais au delà de ces scènes d’anthologie, j’aime aussi le culot de Tarantino de s’emparer de l’Histoire pour raconter la sienne. Peu lui chaut de réinventer l’histoire, il y prend au contraire un malin plaisir et sous ses airs de cabotin donne finalement une belle démonstration de sa vision de l’artiste : Un raconteur d’histoires qui s’empare du pire et du meilleur de l’humanité pour en faire un spectacle dénué de morale.

Et puis quel dénicheur de talents et quel directeur d’acteurs :
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Que dire de Christoph Waltz sinon que son prix à Cannes n’est pas usurpé, il faut quand même rappeler que ce comédien de théâtre n’avait jusqu’alors joué uniquement dans des sériés télé allemandes de seconde zone (trouvez la redondance ici).
Mention TB également à Denis Ménochet, excellent père de famille dans la scène d’ouverture.
Bravo à Mélanie Laurent qui pour l’anécdote a obtenu le rôle en passant un dernier test original : projeter du début à la fin un film de Tarantino (ceux qui on vu le film comprendront), je la préfère largement à l’hystérique Marion Cotillard mais là je m’égare.
Daniel Brühl est excellent en héros de la Wehrmacht ambigü, Michael Fassbender en train de se faire une filmo incroyable (Hunger, Fish Tank), Til Schweiger utilisé au max de son talent (souvenez-vous Lucky Luke), Eli Roth utilisé à bon escient (lui, heureusement que le cinéma est là pour assouvir ses pulsions, cf Hostel …)
En revanche, Brad Pitt est franchement moyen, mieux vaut aller le voir dans Burn after reading, et pour en finir avec la distribution des bons et mauvais points (…), mention zero à Jacky Ido, le compagnon de Shosanna, n’y voyez là aucune jalousie de ma part, il joue tout simplement aussi bien que Frédéric Diefenthal dans Taxi …
A conseiller donc aux amoureux du cinéma de genre
A déconseiller aux sensibles à l’hémoglobine et à ceux qui n’aiment que le cinéma refasse l’histoire

Le génie de Tarantino, c’est d’utiliser sa science et sa connaissance du cinéma pour le renouveler sur des thèmes pourtant vus et revus. A avoir entendu quelques uns de ses interviews, je ne suis pas persuadé qu’il soit lui-même passionnant, mis à part sur le cinéma. Mais ce n’est pas ce que je lui demande. Je ne préfère pas entendre ses théories géopolitiques qui risqueraient de me hérisser le poil. En revanche, c’est pour moi un des plus grands réalisateurs vivants et pour appuyer mon propos, je citerai une scène de chacun de ses films, liste bien évidemment subjective et non exhaustive :

le découpage de l’oreille par Michael Madsen dans Reservoir Dogs (oui je sais vous allez vraiment penser que j’ai un problème)
– La scène du braquage dans Pulp Fiction et le fameux Royal with Cheese de Travolta

– le générique de Jacky Brown avec l’arrivée de Pam Grier sur la musique de Bobby Womack, Across 110th street

– le combat de sabre au Japon dans Kill Bill Vol 1

– L’enterrement d’Uma Thurman vivante dans Kill Bill Vol 2

– La poursuite finale dans Boulevard de la mort

– les 2 scènes précités dans Inglourious Basterds

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