Les Beaux Gosses

Même à 10 000 km, j’ai été rattrapé par l’excellent buzz autour de ces Beaux Gosses depuis sa sélection a La Quinzaine des Réalisateurs 2009. Il faisait donc partie de la livraison du Père Noel qui m’a également rapporté dans sa hotte Dans la Brume Electrique, Un Conte de Noel ou Espion(s)
Et bien, je n’ai pas été déçu, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu de film français sur l’adolescence aussi réussi (le dernier en date, Douches froides, mais dans un registre dramatique ou, plus loin, les films de Doillon comme Le petit voleur). A vrai dire, j’ai eu l’impression de faire un retour en arrière de 20 ans (ça me rajeunit pas) tellement les ados y sont justes. Plutôt qu’un énième film ou le réalisateur essaye de faire jeune pour attirer le public adolescent, ici la magie opère tout de suite car on a vraiment l’impression d’être à la hauteur de ces jeunes, mal dans leur corps et obsédés par la gente féminine. Si on a bien sur beaucoup de sympathie pour Hervé et Camel qui tentent tant bien que mal d’assouvir leurs pulsions, le réalisateur ne tente ni de nous montrer une image idyllique de l’adolescence ni de nous dépeindre un portrait déprimant de la jeunesse. Avec ses scènes toutes plus drôles les unes que les autres, il expose sans grand discours la difficulté du passage a l’age adulte.


Cette période de ma vie reste pour moi clairement celle où je manquais le plus d’assurance et où toute remarque moqueuse ou flatteuse du sexe opposé me faisait passer en quelques secondes au rouge cramoisi. J’ai donc ressenti beaucoup d’empathie pour les 2 protagonistes et me suis reconnu dans certaines scènes (je ne vous dirai pas lesquelles !). Riad Sattouf filme d’ailleurs ses protagonistes toujours avec tendresse et humour : des premiers roulages de pelle à la masturbation devant le catalogue de La Redoute, des déclarations maladroites et les vents violents qui s’en suivent aux seances de spiritisme … on y voit aussi des profs qui tentent de se démener face a ces êtres si difficiles à cerner et à apprivoiser. La scène du suicide d’un professeur y est à cet égard frappante : nos deux héros, soulagés d’avoir échappé à un flagrant délit de voyeurisme ne se soucient pas un seul instant de leur prof qui vient de se suicider, en revanche quand le grand-père d’un des élèves vient a mourir, c’est toute la classe qui est en deuil …
La violence, l’agressivité, la peur des ados n’y est pas occultée non plus. Les différents clans – cools, geeks, faillots etc. – sont visibles sans tomber dans la caricature des films d’ados américains. L’air de rien et encore une fois sans grand discours démagogique, le réalisateur montre la violence récurrente que subit un élève un peu retardé, bouc-émissaire de ces ados qui ont besoin d’un plus faible pour pouvoir se valoriser à leur tour.
Et puis, tous les ados jouent vrai, à commencer par Vincent Lacoste, Anthony Sodigo et Alice Tremolières. Les dialogues semblent vraiment sortir de leur bouche et non pas du script d’un scénariste ayant fait un stage d’immersion en « adoland ». Ils sont accompagnés d’excellents seconds rôles adultes, avec une mention spéciale pour Noémi Lvovsky, une nouvelle fois géniale en mère dépressive et surprotectrice.

Bref, un film réjouissant, drôle et juste sur l’adolescence qui évite le piège du « jeunisme » tout en se plaçant à hauteur d’ado.

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