The Reader

TheReader

Exemple type du film casse-gueule : Adapter un roman à succès qui a su traiter (des dires de tous ceus ceux qui m’en ont parlé car je ne l’ai pas lu) avec sobriété et poésie un sujet original délicat : la passion dans l’après-guerre entre un jeune allemand et une ex-gardienne de camp nazie illettrée, de près de 20 ans son ainée. L’un offrant à l’autre ce qu’il désire le plus : l’amour (physique) pour Michael , la littérature pour Hanna.
Des années plus tard, alors qu’il a perdu de vue Hanna, il découvre son passé lors de son procès auquel il assiste en tant que jeune juriste, que faire, que penser ?

Je n’ai pas lu le livre et c’est probablement ce qui m’a sauvé. Nous sommes en effet quasi-toujours déçus par les adaptations de livres au cinéma, probablement en partie parce que chacun se fait son propre film à partir d’un livre et que celui à l’écran n’y correspond pas.

Le film est poignant car il regarde le nazisme via le spectre de ce jeune allemand. Plusieurs questions nous sont posées : Comment et jusqu’où femmes ou hommes peuvent-il exécuter des ordres engendrant la souffrance et la mort de milliers d’autres ? Les générations suivantes doivent-elles assumer leur part de responsabilité et de quelle manière ? Peut-on accorder le pardon aux ……. de ces atrocités ?
La réussite du film tient en ce qu’elle pose toutes ces questions et qu’elle donne des pistes pour y réfléchir mais sans jamais y proposer des réponses faciles. Les altermoiements de Michael, dernier lien avec la société pour Hanna / sa rencontre avec une prisonnière juive rescapée du camp / ses échanges avec d’autres étudiants et avec son professeur de droit – nous exposent la complexité du sujet.

Pour ne parler que du jugement des criminels, je préfère les solutions mixant sanction et dialogue comme les comités de réconciliation proposés en Afrique du Sud. Premièrement car les victimes ont besoin d’une justice neutre et mesurée. Deuxièmement parce que les bourreaux quelques soient leurs atrocités sont aussi des hommes (récupérables ou pas) et que se comporter justement est une première étape pour leur montrer leur erreur. Enfin parce que je pense qu’il faut laisser aux victimes comme aux bourreaux un espoir : de transcender le passé pour le premier, de se racheter pour le second.

Bémol cependant au film : l’interprétation (ou plutot la direction) de Kate Winslet qui joue l’ex-gardienne de prison. Elle est parfaite quand elle joue le mystère, la froideur et l’incompréhension mais trop larmoyante lorsqu’elle joue l’émotion (surement ce qui lui a valu un Oscar). La direction du réalisateur nous oblige trop par ces scènes lacrimales à s’attacher à son personnage alors que l’amour que lui porte Michael nous y portait naturellement. tous les autres comédiens sont parfaits et mention spéciale au jeune Michael joué par David Kross.

Conseillé à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux génocides et leurs conséquences
Déconseillé à ceux qui n’aiment pas Kate Winslet nue, et qui préfèrent le dernier Marc Lévy à l’Odyssée

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :