Dîtes 33

8 09 2010


A 33 ans, Jésus était déjà mort, Mozart écrit un de ses derniers chefs-d’œuvre, Cosi Fan Tutte, Mandela est le premier avocat noir de Johannesburg et devient vice président de l’ANC … personnellement quel est mon plus grand accomplissement ? Avoir une femme et une vie que j’aime et deux garçons extraordinaires. Je suis conscient que c’est déjà beaucoup et j’ai également conscience de ne pas avoir le talent de certains ou les ambitions d’autres. Cela dit et fort heureusement j’ai aussi l’impression d’être encore incomplet, de ne pas avoir assouvi certaines de mes aspirations voire de ne pas totalement les connaitre.

Ce qui est passionnant à un tel âge, c’est l’impression d’être au beau milieu de sa vie (pourquoi pas au tiers de ma vie, mourir à 99ans, ça ne me déplairait pas) et d’avoir la possibilité de faire des choix importants qui impacteront sur la suite. Bien sûr, certains chemins, professionnels notamment, sont déjà fermés : je ne serai ni explorateur comme je le souhaitais à 6 ans, ni cosmonaute comme je me l’imaginais à 8 ans, je ne serai pas non plus juge ou psychiatre comme j’ai pu le concevoir un peu plus tard. Mais, après tout, je suis surtout heureux d’avoir choisi une voie qui me correspond, un parcours qui me laisse encore suffisamment de souplesse pour imaginer différentes options pour le futur. Je crois d’ailleurs qu’il est important à la fois d’accepter une part de destin dans sa vie mais aussi de se rappeler que rien n’est jamais inéluctable.

On traverse des périodes dans sa vie qui, si elles ne peuvent être clairement délimitées, ont tout de même des caractéristiques communes à la plupart des individus :

La première période au sens large est la jeunesse. On souhaite toujours se porter vers le futur même si on y vit dans l’instant. C’est l’époque des grands rêves qui n’ont pas de limites. Bien sûr cette période a 2 phases bien distinctes : l’enfance et l’adolescence. Sans entrer dans le détail de ma vie privée, je crois avoir adoré mon enfance et m’être senti beaucoup moins heureux, en tout cas mal dans ma peau durant mon adolescence. Je crois que j’idéalise surement les dix premières années de ma vie mais après tout, c’est ce que me renvoie ma mémoire et c’est bien cela le plus important. L’adolescence quant à elle fut surement assez banale. Pas très à l’aise dans mon corps et donc avec les filles (sujet obsessionnel de cette période comme on le voit avec beaucoup d’acuité et de tendresse dans Les beaux Gosses), pas de rébellion avec mes parents mais l’acception difficile de leurs imperfections, mis en exergue par leur séparation. Bref la fin de l’insouciance et l’apprentissage de la complexité de la vie, chose difficile pour un garçon épris de justice et de bonté. Quant à la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte, entre 18 et 25 ans, c’est une période de choix importants mais où le corps est à son apogée et où l’insouciance est encore bien présente. J’ai l’impression de l’avoir vécue intensément avec des pics d’émotions, révélateurs de la fragilité intérieure et de l’énergie bouillonnante de ces années là. Certains seront surpris de lire ces lignes car j’ai plutôt l’image de quelqu’un de mesuré et contrôlé mais on n’exprime pas toujours ce que l’on est ou du moins ce que l’on ressent.

Vient donc ensuite cette période, entre deux, où l’on n’est pas vieux mais plus tout à fait jeune, où l’on apprend les responsabilités mais où l’indépendance nous autorise les choix. C’est une période passionnante où l’on vit encore dans l’instant présent mais où l’on ne se tourne plus seulement vers le futur mais aussi vers le passé. C’est un peu comme pour un marathon. Lorsqu’on est au milieu de la course, on est un peu dans un no man’s land où l’on ne sait pas trop bien s’il faut regarder derrière sur ce que l’on a déjà réussi à accomplir où s’il faut se concentrer sur comment affronter les obstacles à venir. En même temps, il arrive souvent dans une longue course un moment de sérénité où l’on ne ressent plus l’effort, la douleur et où l’on a l’impression que le corps pourrait continuer de courir automatiquement sans fin. Je pense que cette période de ma vie est un peu à la lisière de ces sensations. Le livre de Haruki Murakami, Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, apporte à ce titre des analogies très intéressantes et je ne saurais que trop le recommander à ceux qui, comme moi, aiment à la fois courir et se poser des questions existentielles. Mais je constate également toute l’importance que revêt mon passé, voire le passé de mes aïeuls aujourd’hui. Plus j’avance et plus je ressens ce besoin de ne pas oublier et d’essayer de me remémorer. Il y a une part de mélancolie joyeuse dans ce sentiment, il y a surement le besoin de lutter contre la vacuité de l’existence et l’envie de transmettre décuplée par le fait d’avoir des enfants.

Aujourd’hui si j’allais chez le Docteur pour dire 33, je suis persuadé qu’il y verrait une personne profondément épanouie mais encore pleine d’interrogations sur ce qu’elle a à apporter, sur ce qu’elle a déjà vécu et sur ce qui lui reste à recevoir et à donner.





Le lièvre de patagonie …ou l’apologie du courage

15 07 2010

Livre passionnant pour trajectoire exceptionnelle, Le lièvre de Patagonie est à déconseiller à tous ceux qui auraient le sentiment de ne rien faire de leur vie. Cela risque en effet de les enfoncer encore plus dans leur désarroi.
Ce destin que nous raconte Claude Lanzmann tout au long de ces 600 pages qui se dévorent littéralement laisse en effet peu de place au hasard. Le réalisateur de Shoah mais aussi celui qui fut le compagnon de Simone de Beauvoir et le compagnon de route et de combat de Jean-Paul Sartre n’a jamais bifurqué de sa ligne conductrice : le devoir d’agir, de montrer la vérité, d’affirmer ses convictions au mépris de tous les obstacles et de toutes les critiques qu’il a pu rencontrer : De sa résistance pendant la guerre à ses prises de position et ses actions pour une Algérie indépendante, pour un Etat d’Israël ou pour tant d’autres causes, sans oublier bien sûr l’œuvre de sa vie : son travail acharné et fou pour accoucher de ce documentaire indispensable, Shoah, ce personnage hors du commun ne s’est jamais reposé.

Un homme avec de telles convictions, aussi entier ne pouvait être dans la mesure et l’on sent bien l’humilité absente de son vocabulaire. Anecdote révélatrice de son caractère : Venu à Singapour dans le cadre d’une des premières diffusions publiques de Shoah dans ce pays, il consacra deux conférences aux Lycéens Français de Singapour qui avaient préparé sa venue en regardant le documentaire et en étudiant l’Holocauste pendant plusieurs semaines en cours. Il fut, des dires des personnes présentes, odieux avec les enfants, d’une exigence sur leur savoir totalement déplacée vis-à-vis de l’audience, laissant un goût amer aux organisateurs du débat. Il traita d’imbécile un adolescent ayant fait la confusion entre camp de concentration et d’extermination, de perverse une lycéenne voyant le mal dans une question totalement innocente. Cet homme brillant dont l’œuvre restera indispensable à la mémoire de l’humanité n’est surement pas un homme sympathique et probablement peu disposé à l’empathie mais est-ce ce qu’on pouvait attendre d’un homme ayant entendu et retranscrit le pire et l’exceptionnel. Cet homme a du se façonner une telle armure pour accoucher de la vérité qu’il a du y perdre ce qu’il avait de sensibilité et de compassion.
Mais ce qui m’a bouleversé dans ces mémoires, c’est son courage et sa volonté d’action. Le courage est une notion qui me travaille depuis des années. Je me souviens encore des sujets que nous avions étudiés au collège à l’occasion du quarantenaire du 18 juin. Et déjà j’étais perplexe à l’idée de savoir quel adolescent ou quel homme j’aurais été pendant la guerre. Fasciné par le courage des résistants et dégoûté par la couardise des collaborateurs, je m’imaginais pris au milieu de ce tourbillon et me voyais plutôt comme une grande majorité des français à cette époque, dans un no man’s land entre deux eaux, pensant d’abord à survivre et à mes proches et essayant d’éviter de me mêler des autres positivement ou négativement. Ce n’aurait pas été glorieux mais malheureusement très banal ! Certains diront que ce sont les opportunités qui font les destins mais je n’y crois qu’à moitié. Bien-sûr une rencontre ou une situation fortuites peuvent servir d’éléments déclencheurs mais je crois vraiment que le caractère joue un rôle primordial dans l’action ou l’inaction. Reste également le caractère exceptionnel de la situation, capable de transformer certains en héros ou en lâches mais, là encore, je crois que la guerre n’a fait qu’exacerber les caractères de chaque individu. Or, à lire Claude Lanzmann, peu furent courageux. Extrêmement exigeant envers sa personne, il l’était aussi des autres. Pris dans la guerre, tout juste à la sortie de l’adolescence, il fut des résistants communistes et des maquis. Deux scènes m’ont frappé à la lecture des passages sur sa vie durant l’occupation :
– le mépris qu’il éprouve vis-à-vis d’un vieux juif, censé le protéger, et qui n’eut pas le courage de tirer face à un milicien. Lanzmann aurait été tué ou envoyé dans les camps sans l’arrivée de son père au même moment. Il se dit incapable de pardonner à cet homme, encore aujourd’hui, car il sait que s’il avait possédé l’arme de son « chaperon », il n’aurait pas hésité …
– l’auto-critique très sévère et le remord de ne pas être allé secouru un de ses meilleurs amis déjà blessé et pris sous la mitraille adverse, opération suicide que deux compagnons tentèrent.

Ce livre pousse donc à l’introspection. Bien sûr le courage est plus ou moins inscrit dans les gènes mais je crois que l’acquis tient un rôle primordial également et je dissocierai courage d’opinion du courage physique. Le premier, je crois l’avoir acquis en bonne partie grâce à mon éducation. L’encouragement au débat, les conversations familiales sur des sujets variés, l’incitation à défendre son point de vue avec argumentation, toutes ces clefs m’ont aidé à ne pas avoir un instinct grégaire même si la tentation est souvent grande. En revanche, en ce qui concerne le courage physique, je crois pouvoir affirmer que dans une situation difficile, je ne serai pas un grand téméraire … la faute à nouveau à mon environnement probablement très (trop ?) protégé. Je n’ai quasi jamais eu à me battre ! Cela me rappelle cet épisode traumatisant où , à 16 ans, dans mon quartier bien tranquille du 16ème arrondissement j’ai assisté à une scène irréelle : 2 skinheads frappant à coup de battes 2 noirs en toute impunité à la vue des passants. J’étais avec un groupe d’amis et, tétanisé, je n’ai rien fait avant que 2 potes traversent décidés la rue pour aller dire aux skinheads d’un ton faussement complice que la police arrivait. Les skinheads sont partis, les 2 noirs ne sachant pas sur quel pied danser, n’ont pas remercié mes amis qui les ont probablement sauvé du pire, et moi, me direz-vous ? Et bien c’était il y a presque 20 ans et je regrette encore de ne pas avoir su réagir. Monsieur Lanzmann, à lire votre passionnant ouvrage, je suis sûr que vous n’auriez excusé ni même admis ma lâcheté mais elle est malheureusement très humaine …





Le compte est con

11 06 2010

Nous vivons dans une ère de l’immédiateté où tout doit être obtenu rapidement, sans efforts, où tout doit être raccourci et simplifié afin de nous faire gagner du temps. Il est mal vu de prendre du temps, les 35 heures sont devenues presque un tabou, l’éloge de la lenteur et par conséquent de la réflexion ne sont pas à l’ordre du jour … dans ce contexte de toujours plus, toujours plus vite avec tous les médias et la mondialisation qui l’accompagnent, des chiffres et des lettres c’est surement les premiers qui auront le dernier mot.

Cette guerre des chiffres m’effraie un peu, je l’avoue, d’autant que j’ai toujours été le premier à être sensible aux statistiques, classements, notes etc. Cela fait partie probablement de mes tares obsessionnelles mais j’ai du mal à ne pas catégoriser, classer ou noter les choses, peut-être par peur d’oublier le passé, peut-être pour se rassurer et avoir l’impression de contrôler le monde alentour.
Mais à y réfléchir plus avant, je suis conscient qu’une majeure partie de la vie ne peut se résumer à des chiffres. Or que voit-on aujourd’hui :

Des objectifs chiffrés fixés par les politiques qui appauvrissent totalement la réflexion sous prétexte de clarifier la situation :
Par exemple, le fameux objectif des 25 000 sans-papier à exclure tous les ans. Je ne suis pas un béni oui-oui qui pense qu’il faille régulariser tous les sans-papier car ce serait malheureusement donner un signe mensonger auprès des étrangers souhaitant venir habiter en France. Mais fixer en amont un chiffre arbitraire à respecter est d’une stupidité rare car tout le monde sait que chaque cas est unique et doit être traité différemment.

Plus récemment, la cas de la retraite à 60 ans. Je suis le premier à défendre la spécificité et la pénibilité de certains métiers qui entrainent des régimes spécifiques mais nous sommes en train d’assister à cause des médias, de la maladresse du gouvernement et de l’hypocrisie de certains syndicats à un blocage sur la retraite à 60 ans alors que dans les faits, une bonne partie de la population ne prendra de toute façon pas sa retraite à 60 ans, réforme ou on. Effectivement le nombre de trimestres travaillés, la pénibilité de certains métiers, le chômage, les métiers intérimaires, tous ces facteurs poussent à se diriger vers une retraite à points plus flexible et adaptée à chacun alors que de vouloir englober symboliquement toutes les retraites sous un même régime n’a aucun sens. Encore une fois, à vouloir simplifier, sous prétexte d’avoir un message simple vis à vis des employés/électeurs/syndiqués que l’on prend pour des moutons incapables de réfléchir, on crée des blocages de toute part pas prêts d’être résolus.

Un autre exemple qui me frappe dans la médecine, la police ou la justice : on demande de plus en plus des objectifs volumétriques plutôt que qualitatifs car c’est bien évidemment plus facile à mesurer.
Mais un médecin du travail qui fera 30% de consultations supplémentaires ne fera surement pas une meilleure médecine alors que s’il est impliqué dans les décisions de l’entreprise, il pourra apporter un vrai plus au bien vivre des employés dans l’entreprise et par conséquent à la bonne santé de l’entreprise.
Un policier qui prendra le temps d’être à l’écoute et de mieux connaitre son quartier aura plus de chance d’avoir un vrai dialogue et par conséquent un respect mutuel plutôt que d’être dans une logique frontale. Cela demande du temps et cela ne se chiffre pas …
Un juge pour enfants ne verra que rarement des progrès immédiats suite aux mises en garde ou aux punitions infligées à un adolescent mais sur un travail à long terme, s’il arrive à sauver certains enfants de la délinquance, il aura réussi son travail, ce qui n’est une fois de plus pas mesurable.

Les politiques, encore eux, adorent nous asséner de chiffres pour critiquer la politique du camp adverse ou défendre la leur. Mais ces chiffres sont la plupart du temps invérifiables, voire objets à discussion ou interprétation. Par exemple, un gouvernement peut se targuer d’un chômage en baisse sur 2 ans mais si la baisse du chômage en Europe est supérieure à la même période, quelle est la réelle portée du chiffre ?

Mais les exemples sont innombrables : on va s’intéresser à une entreprise avant tout par le biais de sa rentabilité, plutôt que par ce qu’elle produit, à un sportif via son salaire ou à ses nouveaux records plutôt qu’à ssa technique ou à son histoire. Et même dans l’art , on va parler désormais du tableau le plus cher au monde, du budget colossal de tel film ou du meilleur acteur de l’année. Sur le site de la FNAC, on classe essentiellement selon les meilleures ventes et beaucoup moins selon les (faux) coups de cœur pour inciter à acheter …

Bref, les chiffres, tels qu’utilisés souvent aujourd’hui, cherchent donc à nous simplifier la réalité, à nous éviter de réfléchir alors qu’ils devraient être tout le contraire : des outils à une vraie réflexion qualitative.

Je laisserai Jean Dion, chroniqueur sportif québécois, conclure :
« Les chiffres sont aux analystes ce que les lampadaires sont aux ivrognes : ils fournissent bien plus un appui qu’un éclairage. »





Le swing et le déhanché de Tiger

31 05 2010

Nous avons assisté ces derniers mois à de multiples affaires de moeurs liées à des sportifs et relayées à profusion par les médias.

Soyons clairs dès le début, je suis horrifié par la mise sur le bûcher de sportifs sous prétexte qu’ils ont trompé leur femme ou couché avec des prostituées. On me critique souvent personnellement d’être moralisateur et j’essaie de soigner ce défaut réel de ma personnalité mais ici, nous assistons à une monté en puissance de la bien pensance et du moralisme qui m’inquiète franchement.

Le sport est devenu affaire d’argent et de marketing, ce qui ne l’empêche au niveau amateur et même au niveau professionnel de garder des valeurs qui devraient rassembler : courage, effort, partage, respect pour ne citer que celles-ci. Certes, l’argent et la médiatisation ont pu corrompre une partie de ces valeurs mais je reste persuadé, en amoureux du sport que je suis, qu’un enfant pourra trouver dans le sport un épanouissement et un plaisir que l’on ne retrouve pas ailleurs. Ceci pour rappeler que je dénigre tous les intellectuels anti-sportifs de base avec leur message , du type : les footeux tous des cons …

Cela dit, ce qui me passionne dans le sport, c’est la performance et surtout l’émotion qui s’en dégage, que ce soit sur un terrain de tennis, de foot, de rugby, sur une piste de biathlon ou sur le mont Ventoux. Que les sportifs aient un devoir d’exemplarité pendant la pratique de leur sport, cela me paraît une évidence malheureusement souvent oubliée : le comportement des sportifs face aux arbitres, les tricheurs de toute sorte (de la simulation au dopage) me choquent régulièrement. Le comportement de certains directeurs de clubs qui menacent des arbitres ou des instances sportives après des décisions litigieuses me choquent encore plus. Le mauvais accompagnement de certains sportifs que l’on use jusqu’à la moelle pour en retirer le maximum m’inquiète très franchement.
Merci donc aux joueurs de tennis de plus en plus rares qui donnent une balle annoncée faute, merci aux joueurs de basket qui doivent lever la main pour signaler leur faute et aux règles hyper strictes de la NBA, merci aux rugbeux qui après s’être mis des mines pendant 80 minutes font la haie d’onneur aux gagnants et fêtent encore ensemble la 3ème mi-temps, merci aux entraîneurs éducateurs qui ont pour vocation d’accompagner leurs jeunes, plutôt que de les assimiler à des marchandises.

Non, ce dont je veux parler ici, c’est de l’intrusion des media dans la vie privée des sportifs. Autant je demande l’exemplarité à un sportif sur son terrain, autant il n’a aucun compte à rendre à la société en ce qui concerne sa vie privée. Pourquoi Tiger Woods devrait-il être fidèle à sa femme alors que probablement une bonne partie des journalistes qui l’assassinent à coup d’éditos lyriques font probablement la même chose de leurs côtés ? Peu importe ses raisons,le débat n’est pas de justifier son comportement comme celui d’un Ribéry que certains essaient d’excuser par mille raisons (je me contrefous que Ribéry, agé de 20 ans ou 22 ans se soit payé une call-girl de 16 ans si celle-ci était consentante) , ce qui est grave ici, c’est l’attaque contre sa personne et sa vie privée.
Que certains puissent à la limite exiger des politiques qu’ils ont élu un comportement exemplaire, je trouve que nous sommes déjà sur la corde raide car nous devrions nous intéresser aux actions politiques avant tout mais je ne peux reprocher à certains électeurs d’avoir voté pour des gens qui représentaient des valeurs morales qui leurs convenaient.

Mais un sportif, a-t-on voté pour lui ? Imaginez que les sportifs vont devoir maintenant recruter des coachs pour gérer leur image et leur expliquer qu’ils ne doivent surtout pas apparaitre en train de fumer une cigarette ou boire une bouteille de bière. Pourquoi ne pas exiger de chaque sportif de l’équipe de France un témoignage de son conjoint certifiant sa bonne conduite avec ses proches ? Sérieusement quand j’ai vu ce « pauvre » Tiger Woods devoir faire son mea culpa devant des journalistes avides d’une larme ou d’un bon mot ou d’une nouvelle révélation, tout cela parce qu’il a trompé sa femme comme des millions de personnes le font tous les jours, je me suis demandé si à cet instant il ne troquerait pas toute sa fortune contre un peu d’anonymat. Je n’ai ni sympathie ni antipathie pour le personnage, j’admire le talent et la rage de vaincre du golfeur et exècre tous les journalistes qui se sont emparés d’une manière ou d’une autre de cette affaire, sauf à dénoncer cette tendance populiste et racoleuse. Les mêmes viendront ensuite encenser le sportif lorsqu’il gagnera son prochain grand chelem pour dire combien il a été fort de se sortir psychologiquement de cette passe.

Un mot aussi sur ceux qui ont dénoncé dans le même temps les sponsors qui ont lâché Tiger Woods. Je ne vois absolument pas pourquoi ils devraient être critiqués : dans ce monde media/sportif/people, les sponsors apportent une bonne partie de l’argent qui circule, non pas par philanthropie mais simplement parce qu’ils espèrent retirer de leur « investissement » dans tel ou tel tournoi, ou tel ou tel joueur des revenus, voire une certaine image. Dès lors que cette image écornée, il est normal qu’ils décident dune stratégie. Ceux qui sont restés avec Tiger Woods ne l’ont pas fait plus par fidélité ou encore moins par « soutien », ils ont calculé que le fait de soutenir Tiger Woods serait perçu positivement par leurs clients, à court ou moyen terme. C’est du pur business et je suis sûr que si Tiger Woods en veut à certains, ce ne sont sûrement pas aux sponsors dont les médias se sont à nouveau empressés de critiquer …

Bref cette hypocrisie ambiante est assez détestable. Les valeurs morales de chacun ne sont à mon avis ni moins bonnes ni meilleures qu’avant. Je ne suis ni un passéiste à regretter le bon vieux temps ni un beni oui oui qui pense que le futur sera toujours meilleur mais je crois que la société devrait faire un réel arrêt sur image de l’utilisation et de l’impact des médias aujourd’hui. Avec la mondialisation et toutes les nouvelles technologies, il est réellement difficile pour un personnage public aujourd’hui d’échapper aux ragots, rumeurs, qu’elles soient bienveillantes ou malfaisantes. Il serait peut-être bon que nous fassions tous une petite introspection, et les acteurs des medias avec nous : Serions-nous heureux d’avoir notre vie dévoilée sur la place publique ? La réponse est évidente, essayons-donc de nous intéresser un peu plus au swing de Tiger qu’a son déhanché …





Etes vous cynique ou naïf ?

4 02 2010

Une anecdote me revient souvent à la mémoire. Je sortais avec des amis d’une petite boite de nuit dans une station de ski et nous étions en train de nous moquer d’un groupe type 2Be3 ou L5 qui venait de se produire dans cette discothèque. Ils étaient sincèrement ridicules et l’énorme succès qu’ils avaient connu une ou deux années auparavant accentuait l’image pathétique de les voir « chanter » (en playback) et danser devant 50 personnes pour la plupart dubitatives – Je fais ici une aparté : je suis cent fois plus admiratif des artistes, bons ou mauvais, qui se produisent dans des bars où l’audience est souvent loin d’être réceptive que de ceux, bons ou mauvais, qui choisissent les American Idol ou autres Star Academy. Les premiers, pour la plupart, cherchent avant tout à exercer leur passion, les seconds recherchent en priorité à devenir célèbres … fin de la parenthèse ! – Nous voilà donc dehors en train de rire méchamment sur ces pauvres bougres et voilà que débarque probablement leur dernière fan en vie qui nous assène : « La critique est facile, l’art est difficile ! » Nous devions être un peu saouls mais la bêtise de la demoiselle conjuguée au mot « art » associé à ces 3 éphèbes dont le seul mérite était d’aller dans la salle de gym probablement 6 heures par jour nous a plongé dans un fou rire dont je me rappelle encore 15 ans plus tard !

Cette longue introduction pour vous parler d’un sujet qui me taraude souvent : le combat entre le cynisme et la naïveté dans notre société. Si je veux vous en parler, c’est que comme souvent j’ai du mal à trancher, mes ancêtres bretons me le reprocheraient surement …
En effet, on entend de plus en plus souvent que ce soit à propos des humoristes, des films, des médias ou des politiques des débats qui tournent autour du « cynisme hautain » de certains ou, à l’inverse, « de l’idéalisme bêlant » d’autres.

Prenons des exemples chez les humoristes pour commencer : j’ai entendu à plusieurs reprises Gad Elmaleh (que j’adore sur scène) et Dany Boon (que j’aime beaucoup moins) expliquer que leur humour n’est surtout pas « méchant » car ils ne souhaitent surtout pas blesser des gens. Ils affirment pouvoir faire rire sans méchanceté et, force est de constater qu’ils font rire beaucoup de monde. A l’inverse, un Stéphane Guillon (parfois très drôle) est régulièrement montré du doigt car l’exercice de style qu’il pratique consiste essentiellement à dézinguer une personnalité à partir d’un sujet d’actualité. Et bien, alors que je me considère souvent comme un gentil idéaliste et que je suis capable de verser une larme devant Wall-e, je trouve que ce procès fait sur le cynisme des comiques est une triste dérive de notre société politically correct. Je pense par exemple qu’un Desproges aurait beaucoup de mal à émerger aujourd’hui et qu’un Coluche se ferait traiter par beaucoup de raciste et populiste. Pour moi il y a des bons et des mauvais humoristes mais il n’y a pas de bon ou de mauvais humour. On peut faire, ou on devrait pouvoir faire des blagues juives, y compris quand on n’est pas juif, le tout est qu’il y ait de la finesse et aucune arrière-pensée politique ou idéologique.
Dieudonné a pu beaucoup me faire rire dans certains sketches, seul ou avec Elie Semoun mais depuis sa croisade idéologique pour défendre dans un premier temps le droit de mémoire des esclaves et pour finalement attaquer, comparer, hiérarchiser les droits de mémoire avec les juifs notamment, il a complètement perdu son humour pour faire de la politique plus que borderline même si je pense qu’il est toujours préférable de lui laisser la parole.


Continuons avec le cinéma : Amélie Poulain a connu un succès populaire retentissant mais certains, dans le cercle des critiques de presse notamment critiquaient la naïveté du film et du personnage qu’ils considéraient comme un artifice manipulateur du cinéaste. Cet exemple pour montrer comme certains, même dans un film qui ne se veut absolument pas réaliste, haïssent viscéralement toute forme d’idéalisme. Dire de quelqu’un qu’il est « gentil » aujourd’hui signifie qu’il est « stupide » ! La gentillesse n’est plus une vertu, quoiqu’à y regarder plus loin, cela a probablement toujours été le cas dans certains milieux : je prendrais l’exemple d’un autre film qui avait également connu le succès : Ridicule, ce film montrait comment, pour avoir une chance d’entrer dans le monde de la cour qui gravitait autour du Roi, il fallait soit être très riche, soit avoir la langue bien pendue. Et le personnage joué par Charles Berling de se prendre au jeu avant de finalement revenir à ses idéaux quitte à être radié de ce monde. Le regard posé sur les cyniques était sévère, voire un brin moralisateur même si les joutes oratoires et le plaisir de la rhétorique étaient habilement montrées. Les liaisons dangereuses abordaient également le même thème, opposant un amour candide à une passion fielleuse.

Finissons avec les médias et les critiques :
Je suis sidéré de la virulence de certains invités ou de certains bloggeurs vis-à-vis d’Eric Zemmour et Eric Naulleau qui officient dans On n’est pas couchés. Ces deux personnes sont embauchés par Ruquier pour critiquer ouvertement les œuvres des artistes ou les positions des politiques invités. On peut très bien ne pas être du tout d’accord avec eux (c’est très souvent mon cas) mais je constate que les artistes sont tellement habitués à venir à la télévision pour faire de la promotion avec des présentateurs béni-oui-oui qu’un débat contradictoire fait passer régulièrement ces deux Eric pour des suppôts de Satan. Il est loin le temps d’Apostrophe où les débats étaient autrement plus ouverts, voire parfois violents.
Aujourd’hui ce sont ces deux là qui peuvent faire le scandale parce qu’ils ont dit (j’invente) que les mémoires de Richard Virenque étaient mal écrits …
Autre exemple, l’émission radio Le masque et la plume : cette émission qui existe depuis plus de 50 ans sur France Inter est pour moi un bonheur : oui, les critiques y sont parfois sévères, oui ils usent parfois de bons mots pour éreinter un film avec excès mais je leur sais gré de trois choses : une passion et une érudition dans leur domaine (cinéma, théâtre ou livres), la volonté de transmettre leur passion et de ne pas suivre les sentiers battus, et un goût prononcé pour la langue française. Ce cynisme intelligent, j’achète !

Alors, dans la vraie vie, peut-on être à la fois cynique et bon, moqueur et gentil, critique et idéaliste ? je pense que oui mais je crois sincèrement que c’est une frontière difficile à trouver et qu’il faut être vigilant afin de ne pas trop s’en écarter. Je m’en suis voulu parfois d’être trop naïf face à des situations et, plus souvent d’avoir été cynique ou désobligeant de par l’effet de groupe ou de par un trop plein d’assurance.
Afin donc d’éviter La petite maison dans la prairie mais aussi le côté obscur de la force, mes médicaments pour garder l’équilibre:
– une cuillerée de Disney pour les enfants mais aussi une grosse tartine de Tim Burton
– un grand bol de Gad Elmaleh et de Desproges
– une pincée de Miyazaki et une grosse louche de Woody Allen
– un zest de Céline et une grosse rasade de Paul Auster
Et une lampée de Chagall ou de Miro pour sucrer le tout
Ajoutez y vos propres ingrédients, les recettes les meilleures sont celles que l’on a créées soit-même !





Un futur magique ou catastrophique ?

28 01 2010


Ces dernières années ont vu déferler sur les écrans de nombreux films futuristes et force est de constater que la tendance est désormais au catastrophique : du très bon Les Fils de l’homme au plus conteste La route (toujours pas vu de mon cote) en passant par le simpliste 2012 ou le poétique et fantastique Wall-E, tous nous offrent une vision apocalyptique de notre futur, mettant la plupart du temps en cause la folie des hommes.
C’est effectivement un signe de notre temps, le 20ème siècle était berce d’idéalismes, les 30 Glorieuses ont emmené à son paroxysme la croissance et les libertés individuelles. Le 21eme siècle s’annonce comme celui des restrictions, les nouvelles générations sont beaucoup moins joyeuses que leurs ainées qui avaient 2 guerres mondiales derrière elles et le besoin de se libérer. On a presque l’impression que ce sont ces nouvelles générations qui font la leçon à leurs parents sur des sujets aussi divers que la drogue, l’écologie, la cigarette, la vitesse au volant ou la sexualité …

Daniel Cohen, brillant essayiste et professeur d’économie, imagine, lui, « 3 directions, 3 utopies » pour les années à venir : « Première utopie, l’idée qu’on réussira à fixer des règles mondiales, garantes de l’équilibre de la Planète. Deuxième utopie, faire advenir une révolution technologique qui nous sauve des impasses de la croissance industrielle : en bref, « verdir » la croissance. Troisième utopie, engager une rupture d’ordre « anthropologique ». Elle consiste à dire : il faut changer les comportements humains, s’interroger sur les ressorts d’une société dont le seul accès au bonheur de ses membres passe par une croissance perpétuelle, le toujours plus » … et bien cela doit être mon côté diplomate et mon côté zappeur, enfant de la télé, mais je prendrais bien un peu de ces 3 utopies pour les 40 années à venir …

Mais sans se prendre au sérieux – puisque c’est justement ce que nous reprocheraient nos parents – imaginons un futur horizon 2050, un futur …

Idyllique?

Obama a arraché au cours de son 2ème mandat un principe de paix entre la Palestine et Israel. il mérite donc désormais son Prix Nobel qui lui avait été décerné un peu rapidement. La situation n’est pas parfaite, loin de là mais le mur a été détruit et les deux États ont progressivement créé une relation « cordiale ».

Tristes tropiques
Les gens voyagent beaucoup moins en raison du prix du pétrole, les plus aises prennent encore l’avion mais c’est surtout l’essor des vacances virtuelles …..entrez dans votre caisson et vous serez transportes sur Pandora ou a Tegucigalpa …

Illogique ?
Les gens ne savent plus écrire avec leurs mains! Les cours se font oralement et toutes les notes sont prises par reconnaissance vocale ou par stimulation neuronale (cerveau branche a une machine …). Les livres disparaissent doucement de la planète et ne sont conservés qu’à titre de relique historique. A voir l’ipad que Mac va sortir dans 3 mois ou la numérisation qu’est en train d’effectuer Google, on peut raisonnablement penser que l’objet livre va disparaitre a moyen terme de nos Bibliothèques. Doit-on le regretter ? Mais en revanche, de ne plus savoir écrire, serait-ce vraiment un signe de progrès ?

Proteinique
Un combat de plus en plus violent fait rage entre vegetariens et omnivores. Il devient interdit de manger de la viande dans certains pays.

Mais aussi Lipidique (oui je sais, un 2ème néologisme en 2 paragraphes mais c’est pour la rime)
la population a arrêté de grandir, la taille moyenne d’un homme est de 1m90 mais en revanche le poids moyen a considérablement augmenté : la norme est désormais au quintal pour un homme. On assiste d’ailleurs de plus en plus à une ségrégation entre minces et gros, digne des Patapoufs et Filifers …une de mes madeleine de Proust, vieux livre pour enfants quasi introuvable aujourd’hui.

Arithmétique
Alors que tout annonçait une explosion de la population, le nombre d’humains sur terre commence a diminuer des 2040 après avoir franchi les 8 milliards. La population vieillit dangereusement et malgré les politiques de natalité de nombreux gouvernements, rien n’y fait : la Chine et l’Inde commencent a essuyer des révoltes de leurs populations face au chômage grandissant et l’ancienne solidarité vis-à-vis des ainés n’est plus du tout de mise : les SDF sont pour la plupart ages de plus de 65 ans …

Islamique
L’Islam est la religion archi-dominante et commence, contre toute attente a étendre son influence à toute l’Asie. Un Islam éclairé est au pouvoir dans de nombreux pays et joue un rôle d’apaisement dans de nombreuses sociétés. Le Maroc et l’Indonésie sont désormais cites comme exemple de pays a majorité musulmane mais a la fois démocratique et laïque. Malheureusement certains intégristes chrétiens (aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe et d’Amérique du Sud) et musulmans (au Pakistan) font régner la terreur …

...Atomique
Apres 2 mandats d’Obama puis 4 ans de Republicains, Hilary Clinton arrive enfin au pouvoir en 2020 mais elle ne convainc pas et de nouveaux faucons, plus conservateurs et creationistes encore qu’une Sarah Palin ou un Bush Junior arrivent au pouvoir en 2024. Au Pakistan, le gouvernement n’arrive plus a tenir ses extrémistes de tous bords et après un coup d’État, ceux-ci menacent désormais d’envoyer la bombe sur leur voisin indien sous un prétexte religieux fallacieux. Les États-Unis prennent la menace au sérieux et lancent une guerre contre le Pakistan sans l’accord de l’ONU et du G30 complètement dépassés. Et la, c’est Docteur Folamour, les bombes atomiques commencent à tomber et le monde à s’ébranler …

Climatique et médiatique
Malgré les efforts de certains pays, le mal est fait et la terre s’est déjà réchauffée de 2 degrés Celsius. Cela provoque des dérèglements de toutes parts, des typhons et des cotes menacées, des sècheresses par endroits, des inondations a d’autres. Les verts ont pris le pouvoir dans la moitie des pays européens mais semblent tout aussi dépassés. Mais certains se frottent les mains : En France, c’est Solal Sarkozy, le petit-fils de Nicolas, qui a gagné la présidence en 2047 grâce à son slogan « en vert et contre tous ». C’est un président Berlusconien, présent dans les conseils d’administration :
– de la chaine unique France Écologie (la télé a quasi disparu face au web et n’est plus qu’un outil de propagande diffusé en boucle dans tous les transports en commun)
– du quotidien du web Les Echos Ecolos
– et surtout de SOLAL ENERGIES qui a la main sur toutes les énergies solaires, une entreprise monopolistique richissime qui pratique des prix exorbitants, profitant des pénuries de pétrole et de l’abandon progressif de l’énergie atomique suite a la première victoire des verts en 2022 …
Lui, a son propre yacht mais il ressemble à ça :

Économique, version utopique d’Éric
un G30 en 2024, avec des personnalités du calibre de Lula, Obama, Rocard ou Mandela réussit à imposer face à l’ultimatum des différentes crises un vrai cadre vertueux a la croissance : une règlementation serrée des banques, une croissance contrôlée, une monnaie mondiale unique. L’économie verte est devenue le moteur de la croissance mais la principale erreur des 30 Glorieuses n’est pas réitérée : laisser les libertés individuelles prendre le pas sur les responsabilités collectives et la solidarité. La bourse, telle qu’elle existe est totalement remise en cause et la répartition des dividendes des sociétés est mieux repartie entre salariés, actionnaires et réinvestissement.

Économique version catastrophique d’Éric
Les écarts continuent de grandir entre riches et pauvres alors qu’ils avaient plutôt diminué dans les siècles précédents. La situation devient tellement insoutenable que l’on assiste à un soulèvement de la population qui démarre en même temps aux États-Unis, en France et en Chine. Ce sont d’abord les grandes institutions comme le FMI, l »ONU, L’OMC qui ont été impuissantes à endiguer ce phénomène qui sont attaquées et les gouvernements tombent ensuite les uns après les autres : le Chaos règne désormais laissant les extrémistes de tous bords prendre le pouvoir. En France, c’est le retour à la Monarchie (j’ai lu il y a quelques années une excellente fiction imaginant le retour du descendant des Bourbons, impossible de me souvenir du titre!). La 3eme guerre mondiale est inévitable mais prend des proportions bien plus catastrophiques que les précédentes (voir plus haut) …

Scientifique
Les innovations les plus extraordinaires sont faites dans la recherche médicale. Les premiers clones humains sont nés aux Pays-Bas qui a décidé d’avoir une législation très laxiste sur le sujet. Les craintes quant a l’eugénisme sont de + en + grandes. En revanche, la maladie d’Elzheimer n’est plus qu’un lointain souvenir car un médicament a été trouvé depuis 2018. Le cerveau offre de moins en moins de secrets et de nombreuse maladies sont par conséquent mieux soignées. La transmission de pensée n’est plus seulement une expression, elle est en passe de devenir un moyen de communication …

Technologique
La science est de plus en plus au service de l’organique plutôt que du technologique et les nanotechnologies ont apporté des progrès considérables.
Quant au sport, le Rowlingball, adaptation du Quidditch de Harry Potter, avec de véritables balais volants, est devenu le sport en vogue …

….Et pourquoi pas galactique
Un satellite nous rapporte un signe de vie d’une planète très éloignée et la conquête de l’espace repart de plus belle

Je pourrais continuer sans fin ce jeu jusqu’en 2050 mais je n’aurai alors plus de mérite … Alors, rendez-vous en 2050 !





Maladroit mais l’Ame à gauche

4 01 2010

De tous temps il semble que la droite ait dominé la gauche en France. Ne serait-ce que étymologiquement, la main et le pied gauches étant les membres les moins adroits, ou avec le moins de dexterite.

Un petit rappel pour ceux du dernier rang : L’origine historique du clivage gauche-droite trouve son origine dans un vote ayant eu lieu en France à l’assemblée nationale d’août-septembre 1789. Lors d’un débat sur le poids de l’autorité royale face au pouvoir de l’assemblée populaire dans la future constitution, les députés partisans du véto royal (majoritairement ceux de l’aristocratie et du clergé) se regroupèrent à droite du président (position liée à l’habitude des places d’honneurs). Au contraire, les opposants à ce véto se rassemblèrent à gauche sous l’étiquette de «patriotes» (majoritairement le Tiers état).
C’est donc dès sa naissance que la gauche s’est plus située dans l’opposition.

Issu d’une famille fortement marquée a gauche (mais une gauche modérée), j’ai grandi dans une famille qui aimait parler politique ou débats de société sans que les oppositions entre les différents membres de la famille soient particulièrement marquées. Être de gauche est devenu une part de moi-même, totalement naturelle et, à l’heure de l’émancipation, je n’ai pas du tout ressenti le besoin de m’opposer à mes parents sur ce sujet.

En revanche, car nous sommes tous faits de contradictions, j’ai fait des études de commerce qui m’ont amené à être entouré d’amis en grande majorité de droite. Contrairement à la génération de mes parents, où l’appartenance politique constituait un liant ou un repoussoir dans les amitiés, cette différence avec une bonne partie de mes amis n’a jamais été rédhibitoire. Elle a pu contribuer a mon affirmation et nourri des débats contradictoires dont je suis particulièrement friand depuis les débats que nous pouvions avoir en famille.

Mais elle m’a amené à me poser des questions et notamment quelles étaient les différences fondamentales entre la gauche et la droite.
Certains diront que cette différence n’existe plus, déclarant « De toute façon, tous les mêmes, les politiques sont tous pourris » ou « La politique ne peut rien face à l’économie, ce sont les grandes Entreprises qui dirigent le monde ». Ce genre de propos fatalistes m’énervent car ils sont réducteurs voire mensongers et qu’ils représentent une échappatoire facile au civisme politique.
Certains, et ils n’auront pas totalement tort, diront que les différences se font aujourd’hui plus en terme de personnalité ou de communication. Avec l’arrivée d’animaux politiques comme Sarkozy ou Royal, aidés par les médias de l’immédiateté, on constate que la forme (qui a toujours eu son importance en politique depuis la rhétorique des sophistes) prend de plus en plus le pas sur le fond.

Mais, ayant dit tout cela, je reste persuade qu’il existe des différences fondamentales entre la gauche et la droite. Celles que je recense ici ne sont ni exhaustives ni sensées définir de manière construite ma sensibilité politique, c’est plus un ressenti personnel qui explique pourquoi je me considère de gauche.

– Sur les milliers de discussion que j’ai pu avoir avec mes potes de  » droite », une chose ressort en premier. Ce n’est pas la générosité qui nous sépare ! Ce n’est absolument pas l’apanage de la gauche comme l’avait justement argué Chirac à Mitterrand lors d’un débat présidentiel. Je dirais que la différence essentielle tient plutôt de l’empathie. Je crois que les gens de gauche ont plus tendance à se mettre dans les souliers de l’autre. Et je le dis sans aucune agressivité mais plus comme une observation. Prenons un exemple pour étayer mes propos : A propos du sempiternel débat de l’intégration des immigrés en France. Une personne de gauche aura tendance a dire : mettez-vous à leur place, si vous étiez né dans un quartier difficile avec des parents parlant mal le français, vous partiriez avec un handicap dans la vie qui explique les difficultés de certains et l’État Français dans sa volonté d’égalité doit tout faire pour remédier à ce déséquilibre des chances. Une personne de droite, sans nier cet état de fait, partira plutôt du principe que l’État aide déjà beaucoup, que la famille a choisi de s’installer en France et qu’elle doit à ce titre décupler ses efforts pour rattraper son retard éventuel … je vous laisse voir de quel côté vous penchez.

– Un autre clivage important est surement la hiérarchisation des grands principes de la république : Liberté, Égalité, Fraternité. Autant j’aurais tendance a ranger la fraternité au-dessus du clivage gauche-droite, autant je pense que la gauche attache plus d’importance à l’égalité et la droite aux libertés. D’un côté la gauche défend une égalité sociale que le conservatisme de droite ne juge pas indispensable dans sa vision plus hiérarchique de la société. De l’autre, la droite met en avant les libertés individuelles que la gauche semble parfois prête a sacrifier au nom de la collectivité.

La vision des services publics : Ah combien de fois j’aurais pu entendre des phrases du type « fonctionnaires = fainéants » ou  » fonctionnaires = planqués »
Bon, entrer dans le débat autour du service public par ce biais n’est surement pas la solution. je manque peut-être d’objectivité sur ce thème car je me considère moi-même comme un fumiste contrarié. Par là, j’entends que je ne suis pas convaincu que travailler plus soit une notion positive mais je reconnais que si le travail me passionne alors je ne compterais pas mes heures. Très honnêtement, pour avoir fait des petits boulots étudiants comme caissier en supermarché, je comprends que nombreux soient ceux qui regardent leur montre et j’aurais du mal a les considérer comme fainéants. Cela dit, pour en revenir aux fonctionnaires, il en existe des passionnés, des travailleurs et des fainéants comme dans tout corps de métier. Et puis, et c’est la quelque chose de gauche, je pense que les services publics sont essentiels et devraient être une fierté de notre pays. En tout cas dans certains domaines comme l’éducation, la santé, les transports, il me semble essentiel de les préserver. Et les améliorer, ce n’est pas, comme on a tendance à l’entendre en ce moment, augmenter systématiquement leur rentabilité. Il n’est pas du tout scandaleux qu’ils soient déficitaires, ce qui serait scandaleux, c’est d’en faire des entreprises dont le but premier est la rentabilité. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas éliminer des couts inutiles dus a une mauvaise organisation. Cependant il ne faut pas oublier leur but premier, servir la société.

Une vision moins compétitrice des rapports humains :
Certains le diront, mettez-moi sur un terrain de tennis ou sur une partie de poker, j’ai plutôt l’esprit de compétition. Mais il s’arrête à l’aspect ludique. J’ai l’impression – et peut-être que ce qui me reste de potes de droite à ce niveau de l’article me contrediront – que dans les valeurs de droite existe tout le temps cette notion de compétition. Être meilleur que l’autre (je ne parle pas de l’écraser) y est une valeur constamment mise en avant alors que le penchant pour l’égalité atténue ce penchant chez les gens de gauche.

Le plaisir des choses « inutiles » face au pragmatisme et a l’efficacité
Là je dois dire que je me situerais au centre, ou plutôt d’un côté ou de l’autre quand ça m’arrange. Tous ces propos sont forcement réducteurs car trop peu développés mais effectivement j’ai la sensation que les gens de droite ont plus besoin de voire de l’utilité dans leurs activités alors qu’il existe probablement un côté rêveur un peu plus idéaliste mais probablement moins efficace chez les gens de gauche.

On peut être riche et de gauche
C’est uniquement pour répondre à l’assertion que j’ai pu entendre souvent. Un homme riche est mal vu en France, un homme riche et de gauche est haï en France. Bien-sûr, difficile de prôner l’égalité sociale si on est soi-même multi-milliardaire mais il existe des nuances entre Omar Bongo et un bobo qui gagne bien sa vie. Cela-dit, je trouverais tout à fait normal qu’il existe un salaire maximum égal par exemple à 10 fois le SMIG (c’est déjà beaucoup !) et je serais bien-sûr ravi d’être plus proche du salaire maximum que du salaire minimum (et oui, j’assume difficilement mais je suis plutôt rabelaisien et victime du consumérisme, je ne crache donc pas sur les sous nécessaires à ces vices).

Être heureux de payer des impôts
Je vous assure que je suis très heureux de payer des impôts et que plus j’en paierai, plus je serai heureux. La seule chose qui m’ennuie c’est de remplir la paperasse (encore mon côté fumiste). Bref, et cela rejoint le clivage égalité/liberté, je considère que, à défaut de pouvoir responsabiliser tout le monde, l’impôt par tranches progressives et l’ISF est ce qui existe de plus juste à ce jour dans la répartition et la redistribution des richesses.

Je pourrais continuer avec d’autres nuances moins évidentes mais je tenais a ce papier car je trouve la politique trop fustigée aujourd’hui. Et je trouve que s’y intéresser par le contenu quel que soit son bord, c’est important. Même s’ils donnent souvent une image négative bien aidés par les médias, je reste persuadé que nombreux sont les hommes ou femmes politiques qui, comme pour l’éducation, la médecine, font ce métier par vocation et croient en certaines valeurs qu’ils défendent.

Bref, c’est dit avec beaucoup de maladresse mais je me sens plutôt pas mal à gauche.